La N-VA séparatiste de Bart De Wever, avec 31,7% des voix néerlandophones au Sénat (6 sièges) et 35,8% des voix néerlandophones à la Chambre (26 sièges).
Le Parti Socialiste (PS), avec 35,7% des voix francophones au Sénat (7 sièges) et 35,8% des voix francophones à la Chambre (26 sièges), soit 8 % de plus qu'aux élections de 2007.
Le Parti Populaire (PP), avec 4 % des voix francophones au Sénat (pas de siège) et 3,4% des voix francophones à la Chambre (un siège au Brabant Wallon pour Laurent Louis).
Le PP est ainsi la cinquième force politique en Belgique francophone, juste derrière les partis traditionnels (PS, MR, CdH et Ecolo) et devançant largement les sixièmes ("Wallonie d'abord" au Sénat et PTB+ à la Chambre).
Ce qui est véritablement un exploit pour un parti créé il y a 6 mois à peine et qui ne reçoit aucun subside de l'Etat (contre environ 10 million d'euros par an pour les grands partis). Surtout si l'on tient compte du boycott médiatique dont les nouveaux partis ont fait l'objet, notamment de la part de la RTB-F.
Remarquons enfin la très bonne performance de deux autres petits partis bilingues, BELG.UNIE (20'000 voix) et de ProBruxsel (7000 voix à Bruxelles-Hal-Vilvorde),
démontrant la volonté des Belges de s'entendre au-delà des clivages linguistiques.
Les perdants ce ces élections
En réalité, tout le monde est perdant, à commencer par :
Bruxelles : en effet, la N-VA va probablement offrir le poste de premier ministre à Elio Di Rupo, lequel fera volontiers des concessions désastreuses pour les Bruxellois en échange d'un sursis de quelques années pour le financement par la Flandre de l'assistanat social wallon.
La Wallonie, car le PS risque d'y intensifier sa politique sociale ruineuse au détriment de la compétitivité de ses entreprises et ainsi d'affaiblir encore plus l'économie wallonne moribonde.
La Flandre : en effet, elle va devoir continuer de financer le déficit wallon en échange de concessions séparatistes, lesquelles ne lui rapporteront rien d'autre que l'assouvissement des fantasmes de Bart De Wever et de son électorat.
La Belgique, car elle toutes ses régions vont y perdre et qu'elle risque de faire un grand pas de plus vers sa disparition.
Enfin, l'Europe, qui court deux risques graves : le premier, c'est de ne pas avoir de premier ministre pour assurer la Présidence européenne belge débutant le 1er juillet.
Le deuxième, c'est qu'en cas de séparation de la Belgique, d'autres régions comme le Pays Basque et la Catalogne risquent également de faire sécession, rendant l'Union Européenne encore plus difficile à gérer.
Conclusions
Le résultat de ces élections est un vrai cauchemar. Mais dans mes rêves, j'espère encore :
Que les électeurs flamands comprendront un jour qu'être unis au sein d'une Belgique prospère et harmonieuse leur rapportera plus que d'être isolés dans un monde hostile.
Que les électeurs wallons comprendront un jour que c'est en créant de la richesse et non en la surtaxant qu'on assure le bien-être matériel de la population.
Enfin, que tous les belges comprendront un jour que les partis traditionnels sont prisonniers de leurs structures ; et qu'ils oseront alors voter gagnant, c'est à dire pour les partis qui, comme le Parti Populaire, proposent des solutions vraiment efficaces aux vrais problèmes.